Modèle de protocole de sécurité à télécharger

Un modèle prêt à remplir qui suit la liste exacte des articles R. 4515-6 et R. 4515-7 du Code du travail français : ce que le site communique au transporteur, ce que le transporteur communique au site, et qui valide quoi.

En bref

Un modèle de protocole de sécurité gratuit, téléchargeable sans inscription, qui reprend rubrique par rubrique la liste des articles R. 4515-6 et R. 4515-7 du Code du travail français : consignes et accès du site, véhicule et marchandise du transporteur, validation par les deux employeurs, tableau de révisions. Il s’ouvre dans Excel, LibreOffice ou Google Sheets et se copie dans Word.

Cadre de référence

Le protocole de sécurité relève du droit du travail français (articles R. 4515-4 à R. 4515-11). Pour une entreprise marocaine, l’exigence vient le plus souvent du donneur d’ordre ou du référentiel du groupe, qui demandent précisément ces rubriques lors des audits fournisseurs.

Télécharger le modèle

Télécharger le modèle de protocole de sécurité (CSV)

Le fichier s’ouvre dans Excel, LibreOffice ou Google Sheets, et se colle tel quel dans un document Word si c’est le format attendu par votre client. Il est organisé en cinq blocs : identification des deux entreprises, consignes du site, informations du transporteur, validation, tableau de révisions. La troisième colonne indique qui renseigne quoi : c’est elle qui évite les protocoles remplis à moitié, où chaque partie croyait que l’autre s’occupait de la rubrique.

Le protocole de sécurité se construit à deux : l’entreprise d’accueil communique les consignes, les accès, les matériels et les moyens de secours au titre de l’article R. 4515-6 ; le transporteur communique le véhicule, la marchandise, son conditionnement et les précautions particulières au titre de l’article R. 4515-7.L’entreprise d’accueilArticle R. 4515-6· Consignes de sécurité du lieu· Lieu de livraison et accès· Matériels mis à disposition· Moyens de secoursLe transporteurArticle R. 4515-7· Caractéristiques du véhicule· Nature de la marchandise· Conditionnement· Précautions particulièresLe protocole n’existe que si les deux colonnes sont remplies, et chaque employeur le tient à disposition.
Les deux colonnes que le modèle reprend, chacune au titre de son article du Code du travail.

Les rubriques, article par article

Le protocole de sécurité est le document écrit qui remplace le plan de prévention pour les opérations de chargement et de déchargement (articles R. 4515-4 et R. 4515-5). Il est dû quelle que soit la durée de l’opération, rappelle l’OPPBTP, et ce n’est pas une formalité de plus : la revue Travail & Sécurité de l’INRS (n°807, juillet 2019) décrit ces opérations comme des situations de travail « particulièrement accidentogènes ». Le protocole y applique les principes généraux de prévention : évaluer les risques avant l’opération, puis fixer les mesures phase par phase.

La liste des rubriques n’est pas une convention d’usage, c’est le texte qui la fixe. Chaque ligne du modèle se rattache à un article :

Rubrique du modèleRenseignée parFondement
Consignes de sécurité applicables à l’opérationLe siteArt. R. 4515-6
Lieu de livraison ou de prise en chargeLe siteArt. R. 4515-6
Modalités d’accès et de stationnement, plan et consignes de circulationLe siteArt. R. 4515-6
Matériels et engins spécifiques utilisésLe siteArt. R. 4515-6
Moyens de secours : alerte, point de rassemblement, numéros d’urgenceLe siteArt. R. 4515-6
Identité du responsable désignéLe siteArt. R. 4515-6
Caractéristiques du véhicule, aménagement et équipementsLe transporteurArt. R. 4515-7
Nature et conditionnement de la marchandiseLe transporteurArt. R. 4515-7
Précautions particulières liées aux substances transportées, matières dangereuses comprisesLe transporteurArt. R. 4515-7
Validation par une personne habilitée de chaque entrepriseLes deuxLe protocole engage les deux employeurs
Tableau de révisionsLes deuxArt. R. 4515-9 : validité liée à l’absence de modification

Différence notable avec le plan de prévention : l’échange préalable entre employeurs se fait sans visite commune avec présence physique simultanée (article R. 4515-8). Le protocole peut donc se préparer à distance, à condition que celui qui décrit le quai le connaisse réellement.

Qui renseigne quoi, qui signe

Le protocole est établi préalablement à l’opération, dans le cadre d’un échange entre les employeurs concernés. Il précise clairement ce qui est à la charge de l’entreprise d’accueil et ce qui relève de l’entreprise de transport, et il engage les deux sociétés : celle qui reçoit ou expédie la marchandise comme celle qui la transporte.

  • Le site renseigne le bloc « consignes du site » : accès, plan de circulation, quai, engins mis à disposition et qui les conduit, conduite à tenir en cas d’alerte.
  • Le transporteur renseigne le bloc « informations du transporteur » : véhicule et équipements, marchandise et ses dangers, précautions de manutention, conducteur.
  • Chaque entreprise valide par une personne habilitée à l’engager, et le conducteur doit connaître le contenu du protocole avant de se présenter.

Ne remplissez pas les consignes depuis un bureau

Les rubriques « plan de circulation », « caractéristiques du quai » et « manœuvres autorisées » ne se devinent pas. Un protocole rempli sans avoir vu la zone décrit un site imaginaire : le jour où il faudra le produire, il décrira un lieu que personne ne reconnaîtra.

Le cas de la livraison imprévue est lui aussi réglé par le texte : quand le transporteur ne peut pas être identifié à l’avance, l’entreprise d’accueil fournit et recueille les éléments du protocole « par tout moyen approprié » (article R. 4515-10). Concrètement : consignes remises au conducteur à son arrivée, informations du véhicule et de la marchandise collectées à la guérite, passage enregistré. C’est exactement ce qu’un accueil des livraisons organisé produit sans effort supplémentaire.

Protocole unique et révisions

Le principe est un protocole pour chaque opération. L’exception, prévue par les articles R. 4515-3 et R. 4515-9, concerne les opérations à caractère répétitif, définies par trois conditions cumulatives :

  1. mêmes produits ou substances ;
  2. mêmes emplacements et même mode opératoire ;
  3. mêmes types de véhicules et de matériels de manutention.

Quand les trois sont réunies, un protocole unique établi avant la première opération couvre toutes les suivantes, tant que ces conditions ne subissent aucune modification significative. C’est ce qui rend le dispositif tenable pour un site industriel de Casablanca qui reçoit le même affréteur trois fois par semaine.

La contrepartie, c’est le tableau de révisions qui clôt le modèle. Trois conditions cumulatives signifient qu’un seul changement suffit à faire tomber le protocole unique : la livraison change de quai (l’emplacement n’est plus le même), la marchandise change de nature (les produits ne sont plus les mêmes), ou le déchargement passe du transporteur au personnel du site (le mode opératoire a changé). Dans chacun de ces cas, on révise, on date, on refait valider. Un protocole unique jamais révisé depuis trois ans dit surtout que personne ne surveille les conditions.

Le tenir à disposition

C’est l’étape qui se perd le plus souvent une fois le document signé : chaque employeur tient le protocole à disposition de son comité social et économique et de l’inspection du travail (article R. 4515-11). « À disposition » signifie retrouvable en quelques minutes, daté, dans sa version en vigueur, révisions comprises.

Le test est simple : pour votre transporteur le plus fréquent, qui peut produire le protocole signé sans fouiller une boîte mail ? Le modèle téléchargé plus haut règle le contenu ; l’historique des passages, horodaté transporteur par transporteur, en est le complément naturel, car il prouve que les opérations réelles correspondent à celles que le protocole décrit. C’est le rôle d’une gestion des livraisons tenue au point d’accès. Pour le cadre complet, la comparaison avec le plan de prévention et le cas des transporteurs réguliers, voir le guide protocole de sécurité.

Sources

Questions fréquentes

Le modèle est-il au format Word ?

Il est fourni dans un format tableur qui s'ouvre dans Excel, LibreOffice et Google Sheets, et se copie en deux gestes dans un document Word si votre client exige ce format. Le tableur a un avantage précis : la colonne « renseigné par » rend visible qui doit remplir chaque rubrique, le site ou le transporteur, ce qui évite les protocoles remplis à moitié.

Qui doit rédiger le protocole de sécurité ?

Les deux employeurs, conjointement et avant l'opération. L'entreprise d'accueil décrit ses consignes, ses accès, ses moyens de secours et son responsable désigné (article R. 4515-6 du Code du travail français) ; l'entreprise de transport décrit son véhicule et sa marchandise (article R. 4515-7). Le texte impose un échange préalable entre employeurs, sans exiger de réunion physique commune, et chaque entreprise valide par une personne habilitée à l'engager.

Quand le protocole de sécurité est-il obligatoire ?

Dès qu'une entreprise de transport réalise une opération de chargement ou de déchargement dans une entreprise d'accueil, quelle que soit la durée de l'opération. Le principe est un protocole par opération. Seule exception : les opérations à caractère répétitif (mêmes produits, mêmes emplacements et même mode opératoire, mêmes types de véhicules et de matériels) peuvent être couvertes par un protocole unique établi avant la première opération.

C'est quoi, un protocole de sécurité ?

C'est le document écrit qui remplace le plan de prévention pour les opérations de chargement et de déchargement effectuées par un transporteur dans une entreprise d'accueil (articles R. 4515-4 et R. 4515-5 du Code du travail français). Il rassemble les informations utiles à l'évaluation des risques générés par l'opération et les mesures de prévention à observer à chacune de ses phases, en précisant ce qui est à la charge de chaque entreprise.

Quels sont les 7 principes de sécurité ?

La question repose sur un chiffre inexact : le Code du travail français définit neuf principes généraux de prévention, à l'article L. 4121-2, dont éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent pas être évités, les combattre à la source et privilégier la protection collective. Le protocole de sécurité en est une application concrète : il évalue les risques d'une opération de chargement ou de déchargement et fixe les mesures de prévention phase par phase.

Un modèle suffit-il à être en règle ?

Non. Un modèle garantit qu'aucune rubrique exigée par les textes n'est oubliée, mais le protocole n'a de valeur que si son contenu décrit la réalité du site : les accès, les engins, le quai, les consignes. Un document rempli à distance sans connaître la zone de livraison ne protège personne, et chaque employeur doit pouvoir présenter le protocole à son comité social et économique et à l'inspection du travail.